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Hier et aujourd’hui, j’ai travaillé. A part arroser le potager, je n’ai rien fait que travailler : papiers, ordinateur… et au bout de la journée d’hier, je n’avais pas le goût du tout d’écrire. Enfermée dans mon bureau pour être sûre d’avoir l’efficacité maximale, je me suis privée de jardin, de dehors, de contemplation… Journées perdues ? Pas entièrement.

Car j’aime – jour de travail ou non – ce moment matinal, avant le petit déjeuner, quand je sors dans la fraîcheur, les yeux à peine déplissés et de la rosée jusqu’aux chevilles, pour m’atteler à la tâche d’arroser mes plantes. Maintenant que la chaleur s’est installée, certaines, celles que j’ai semées, que j’ai désherbées, paillées, cultivées, « mes » plantes donc, dépendent de moi pour leur survie. Un lien s’est créé entre elles et moi. Si je pense à elles et leur donne la quantité d’eau qui leur faut, elles seront belles et me donneront leurs récoltes. Si je les oublie, ou que je les néglige, ou que j’ai la flemme de me lever tôt, ou qu’un soupçon de sadisme me donne envie de ne pas les arroser, juste pour voir…. alors elles se dessècheront et disparaîtront, comme leurs infortunées voisines, celles que je ne peux plus alimenter en eau.

Si je suis un peu triste ce soir, c’est parce que j’ai l’impression de voir venir la fin des fraises des bois. Je suis presque en deuil ! Le beau tapis parfumé est impossible à arroser, il est trop grand, demande trop d’eau pour le faible débit de ma pompe. Alors les feuilles se racornissent, prennent une teinte mate, comme saupoudrées de poussière, et les fruits rouges deviennent plus sombres, comme des gouttes de sang qui sècheraient au soleil… Le parfum lui-même, ce sublime compagnon de mes premiers jours de vacances dont les effluves me rendaient euphorique, le parfum vire au trop mûr, se dirige vers l’écœurant.

C’est sans doute pour cela que je redouble de soins pour les plantes qui survivront, celles que je ferai survivre. M’en sont-elles reconnaissantes ? Moi, en tout cas, je le suis, pour leur présence et leur capacité, inconscientes qu’elles sont, à me faire du bien…

Mes haricots poussent !

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On peut dire que je suis seule, puisqu’il n’y a personne avec moi, si j’excepte le chemineau que j’ai revu hier. Seule, oui…. et non.

Aujourd’hui, le fait d’avoir passé une longue journée sans voir ni parler à personne a déconnecté quelque chose en moi, et permis à ce qui était dessous de s’ouvrir au monde. Ainsi, ce matin, je dégageais soigneusement et lentement des pieds de vigne que je venais de découvrir derrière les hautes herbes du potager, le long du muret qui le délimite. Sans les longs sarments qui s’appuyaient sur les graminées jaunes et les ligotaient de vert tendre, je ne me serais pas aperçue de leur présence. Mais à présent que je les voyais, je remarquais aussi que leurs pieds étaient étouffés sous les herbes, et que les minuscules grappes en formation étaient perdues en plein milieu, menaçant de pourrir avant même d’avoir pu mûrir.

J’ai donc été chercher la vieille faucille trouvée dans le petit abri de jardin, et je me suis mise au travail, à genoux, pour couper les herbes au ras du sol sans abîmer la vigne entremêlée. Le nez sur mon travail, je prenais bien soin d’utiliser la faucille comme je l’avais vu faire dans un reportage à la télé. C’était un reportage sur des pâturages minuscules en Roumanie, qui nourrissent des bêtes dont la viande est considérée comme la meilleure d’Europe…. je crois que la façon dont on les élève ne correspond pas aux normes européennes – je ne sais plus pourquoi -, et le reportage disait qu’ils devraient se garder pour eux leur bonne viande… mais c’est une autre histoire. Ce dont je me souvenais en ce moment, c’était que l’herbe des pâturages était coupée deux fois dans la saison avec des faucilles, et apportée ainsi au bétail qui était tenu dans des prés de moins grande valeur. On ne les laissait pas piétiner ni déposer des bouses dans ce terrain magique… Tout en laissant vagabonder mes pensées je m’appliquais à faire le geste de ces éleveurs des hauts plateaux roumains, geste souple et efficace, qui sciait d’un coup unique la poignée d’herbe fermement maintenue par l’autre main. Petit à petit mes yeux ont commencé à voir ce qui était devant moi, et soudain j’ai vu. Tout un petit peuple silencieux et discret existait aux alentours : je repérais des escargots – rayés, jaune pâle, ocre rouge ou bruns et gris… et même de gros escargots de Bourgogne à la coquille blanc sale – de petites araignées, des fourmis, des chenilles, etc. etc. Je l’ai dit, j’allais lentement, n’espérant pas la fin de la rangée, mais profitant de ce que je n’avais aucun horaire à respecter, et prenant plaisir à manier cet outil qui avait l’air d’avoir déjà abondamment servi. Cette relaxation a sans doute joué dans cette « révélation ».

Après mes yeux, ce fut au tour de mes oreilles de s’ouvrir. Une foule d’oiseaux de différentes espèces vaquaient à leurs activités en sons et musiques au-dessus de ma tête : certains se faisaient la cour, d’autres se pourchassaient dans les airs, ceux-là lançaient un cri d’avertissement, les derniers que sais-je ? Puis, toujours penchée sur ma faucille, les herbes et la vigne, j’ai entendu le froissement des hautes herbes sèches traversées par un petit vent irrégulier, celui des feuilles des arbres de la forêt, long murmure profond comme les vastes bois, le petit crépitement d’une cosse de pois vivace qui explose, projetant ses graines au loin et tortillant son enveloppe divisée en deux, comme un serpentin de fête… J’entendais pourtant bien avant, mais je ne faisais pas le lien entre ses sons de la nature et les existences qui les provoquaient. Tout à coup, je prenais conscience des êtres vivants autour de moi, et du fait que j’étais en plein milieu d’une journée bien occupée pour toutes ces créatures.

Faisant alors une pause dans mon nettoyage de vigne, je levai les yeux et m’assis par terre. Je regardai passer des papillons – plusieurs sortes, là aussi : de petits marrons, de plus grands marqués de rouge, de grands bruns et blanc avec un fascinant reflet irisé violet au soleil, de minuscule roux vif… Sur une feuille de vigne tout juste dégagée, une grosse mouche faisait sa toilette : sa tête pivotait sur son axe tandis que ses pattes avant passait d’arrière en avant sur ses yeux démesurés. Un peu plus loin, une grosse libellule jaune était perchée sur le sommet d’un tuteur, au-dessus de mes semis de haricots. Sous le pont de mes jambes repliées, une limace orange fuyait à la vitesse de dix mètres par heure…

Je comprenais enfin. J’étais au milieu d’une vie intense, et je m’étais crue seule ? Quel aveuglement. Tout ce qui était autour de moi était vivant : l’herbe, la vigne, les insectes et les escargots, les oiseaux là-haut… chacun avait sa vie, ses urgences, ses drames peut-être, et je ne le savais pas…

Après cette expérience, ma vision a changé. Je me croyais seule car j’étais loin de ma famille, de mes amis, de mon entourage habituel. Maintenant je réalise que, bien que je sois loin des humains, je ne suis pas seule dans mon jardin. En fait, j’ai une foule de colocataires et je viens seulement de le réaliser ! J’espère que, maintenant que je ne les ignore plus, nous pourrons mieux nous connaître, et bien nous entendre… C’est amusant, un soupçon de timidité m’envahit. Serai-je à la hauteur ?

A demain ?

Le vagabond est de retour. Il était déjà venu au printemps dernier, lorsque je n’étais pas encore installée ici. J’explorais la maison pendant que mon futur vendeur terminait la rénovation de la salle-de-bain (il est plombier de son état, mais bricoleur universel de nature). Depuis le fond du placard ou je fouillais, j’entendis quelques mots indistincts, suivis par la voix de l’artisan, plus douce et hésitante que d’habitude : « Ah, c’est très joli, mais je ne pense pas que ça puisse intéresser… désolé… »

– …n’ptit panier ? r’gard, ‘est bien çui-là… insista la voix inconnue.

– Oui, je ne dis pas le contraire, mais vous savez, on a tout ce qu’il faut… répondit mon vendeur.

Piquée par la curiosité, ou par ma fascination de toujours pour tout ce qui est plus ou moins romanichel, itinérant et nomade, je surgis alors en interrompant les refus polis :

– Attendez, je voudrais voir !.. Bonjour monsieur, alors, vous faites des paniers ?

– Oui ! N’ ptits paniers, comme ça…

Et il me tend un très joli panier rond d’osier, mariant l’osier noir et le blanc. Et il me fait l’article. Nota : la première fois que j’ai rencontré le vagabond, je ne comprenais pas une phrase sur cinq. J’ai bien progressé depuis.

– L’est joli, p’tit panier. T’fais provisions, ‘ec ça. T’ramasses ‘é pommes ! ‘t’plaît, hein !

Il parlait sur un ton enthousiaste et brusque. Tout était affirmatif dans ses phrases, même les questions.

– Oh oui, il est très joli, m’extasiais-je presque totalement honnêtement, car le panier avait vraiment ce petit je-ne-sais-quoi dont auraient raffolé les magazines de déco.

Mais du coin de l’œil je détaillais mon vis-à-vis. L’homme était à peu près de ma taille, donc environ 1,60 m. Il avait les cheveux châtain et feutrés, qui se tenaient drôlement, presque à l’horizontale. Un lambeau de tissu-éponge noué en bandeau sur son front retenait le tout loin de ses yeux. Son regard marron foncé était très direct et il ne cillait pas, ce qui lui donnait un air très insistant, presque gênant. Il avait sur lui des couches superposées de vêtements usagés. Ses mains étaient grandes et semblaient fortes, ses ongles et ses doigts semblaient plus teints que sales. Le travail de l’osier, peut-être ? Il était surtout accompagné par une extraordinaire bicyclette où tout son atelier était embarqué : sur le porte-bagages, deux fagots d’osier, un sombre, un clair, qui donnait au vélo une envergure d’à peu près deux mètres cinquante. Par-dessus, et sur le guidon, une demi-douzaine de paniers ronds étaient fixés par leur anse. Un énorme tas indéterminé, mais où je distinguais des vêtements et une couverture, était fixé sur le cadre et la selle. Je ne voyais pas les pédales.

J’ai fini par lui acheter un panier et lui ai encore passé commande d’un autre ouvrage, une caisse d’osier qui pourrait me servir à poser des bûches près du poêle (la maison est chauffée au bois… il y a tout le nécessaire dans le jardin !). Il m’apporta le panier terminé la semaine suivante, et me demanda en même temps si je n’avais pas de vieux pulls à lui donner. Plongeant dans le fatras du mort que je n’avais pas encore trié (je parle du propriétaire précédent à mon vendeur), je saisis l’occasion de me débarrasser de ces vêtements sans me déplacer, et fis un heureux. Le vagabond m’expliqua qu’il devait repartir, mais qu’il repasserait pour me remercier en me donnant un « tout p’tit panier » qu’il ferait pour moi. La fidélisation du client n’est pas l’exclusivité des grandes surfaces !

C’est aujourd’hui qu’il est repassé. Il m’a d’abord demandé des nouvelle de la caisse à bois. J’en ai eu pas mal l’usage ce printemps, il a fait tellement mauvais ! et je lui ai certifié qu’elle était très belle et que j’en étais très contente.

Il a alors sorti de derrière son dos un minuscule panier, adorable, dont le fond ne débordait pas de ma paume quand je l’ai posé sur ma main.

– Tiens, s’pou toi, pass’ke toi t’gentille, toi, j’te fais tout p’tit panier…. (j’ai mis longtemps à comprendre cette phrase, mais heureusement il s’est répété plusieurs fois)

– Oh merci…

Je le regardais sous toutes les coutures en essayant d’imaginer à quoi il pourrait servir. Le vagabond me proposa son idée :

– T’y met d’fleurs !

– Des fleurs, vous croyez ? mmm…

– Oui, t’mets des fleurs, pou’ faire joli !

Le spectre du magazine de décoration – de luxe – refit son apparition. Soudain j’eus une meilleure idée :

– Ou des tout petits fruits… des fraises des bois !

Silence et regard étonné en face de moi. Je repris :

– Mais oui, un panier pour fraises des bois ! … Vous savez que j’en ai ? Vous les avez vues ? Vous en voulez ?

Le vagabond dit un vague « Ah oui, ‘raises d’bois… t’en as ? » Et me suivit dans le potager où j’étais partie depuis le début de ma dernière phrase. Mon parterre de fraises des bois fit son petit effet. Accroupis au milieu du miracle, on se gobergea avec un bel ensemble, puis le vagabond  décida :

– Allez, on remplit t’p’tit panier !

Et nous fîmes une cueillette consciencieuse. J’en ai stocké bien plus aujourd’hui que j’en ai mangé, à l’inverse de mon habitude. Le fait de se savoir observée, sans doute.

Pendant la cueillette, on parla. Le vagabond n’est pas un romanichel, un tzigane. Quand je lui ai posé la question, il a eu un petit « tss ! » méprisant. Il est juste un vagabond, tout seul. Avec des papiers bien compliqués à gérer, surtout lorsqu’il doit se rendre à des rendez-vous de contrôle et qu’il ne sait pas exactement quel jour on est… ni lire. Il interrompait fréquemment notre conversation pour me donner des recommandations : « ‘tention, p’têtre vipères, attention » disait-il en approchant doucement la main des fraises à ras de sol. Ou encore, alors que j’avais remarqué un papillon qui essayait ses jeunes ailes trop près de nous sur le sol et que je le poussais gentiment vers le côté : « C’pas bon, ça, donne la gale ! » Je lui ai dit que j’en touchais tout le temps et que je n’avais jamais eu la gale, mais il n’a pas eu l’air de me croire….

Enfin, il m’a fait un long discours sur les « voyous » qui rôdaient dans les bois (« T’font du mal ! Pour rien !! ») et me répéta au moins dix fois de ne pas me promener toute seule loin de chez moi. Je lui en fis la promesse. Facile promesse, puisque je ne sors pas de chez moi. Ce qui ne m’empêche pas de le prendre au sérieux, et ce soir, alors que le noir est retombé tout autour de la maison, j’imagine des « voyous » cheminer de-ci delà dans la forêt, cherchant le mauvais coup et l’innocente cruche qui aurait la mauvaise idée de vouloir contempler la nature, seule, en pleine forêt, au milieu de la nuit…. Dommage, j’aurais bien…. Mais bref !

En résumé : j’étais donc seule dans mon jardin, loin de tout, avec un vagabond parfaitement inconnu à l’air louche, et je lui promettais de ne pas parler aux inconnus seule dans les bois…. Allez savoir !

A demain ?

panier

2 juillet

Grande, longue, intense journée !

Ce matin, me frayant un chemin jusqu’au potager, j’ai dégagé assez de surface pour semer radis, haricots mange-tout, carottes, tétragone, et des fleurs. En espérant que tout cela lève. Parmi mes premiers semis, échelonnés en mai et juin, beaucoup n’ont pas pris. Mes premiers radis ont poussé quasiment hors de terre, curieux ! Mes rangs de carottes sont irréguliers : trois carottes dans le même millimètres, puis plus rien pendant un demi-mètre, puis de nouveau quelques-unes… Heureusement que je ne compte pas là-dessus pour me nourrir ! (J’en rêverais pourtant, mais j’ai une bonne marge de progrès à faire avant d’envisager la chose).

Heureusement encore, mes semis ne sont les seules plantes qui se mangent dans ce potager. Sous les hautes herbes, j’ai découvert : des groseilliers, des cassis, un énorme pied de rhubarbe dans le coin le plus à l’ombre, des quantités d’herbes aromatiques – thym, menthe, romarin, sauge… – et un surprenant parterre de fraisiers et fraisiers des bois. Depuis quelques semaines, il me donne généreusement beaucoup de plaisir gustatif. Après avoir travaillé toute la matinée dans le potager, envahi du parfum des fraises des bois, je n’ai pas résisté et j’ai terminé ma séance de jardinage assise en tailleur au bord des fraisiers, picorant les fruits à la régalade. Parfois, la vie est belle. La semaine dernière, sur l’étal d’un marchand de fruits et légumes, j’ai vu quelques barquettes de fraises des bois. Minuscules barquettes, fraisettes bien avachies… Dix euros cinquante la barquette !!! Mais tout cela est bien loin de moi aujourd’hui. Je ris en mangeant mes fraises des bois FRAICHES et gratuites.

Après-midi : tonte. Conquête de mon territoire. Ce n’est pas la partie la plus amusante de mes activités de jardin, mais il faut bien que je me fasse un peu de place au milieu de cette immense savane qui entoure la maison. Depuis mon dernier séjour ici il y a quinze jours, l’herbe a énormément repoussé. Mon bruyant compagnon – c’est comme cela que je surnomme ma tondeuse auto-portée – m’a aidée à dégager une marge d’une dizaine de mètres tout autour de la maison. De là partent, comme des pattes d’araignées, des allées à travers l’herbe haute. L’effet de la prairie sauvage contrastant avec les allées fraîchement tondues est superbe. Mes ex-sentiers sont des invitations à l’aventure…

Sortie après le dîner, j’imagine des explorations exotiques, courbée au milieu des deux parois souples des graminées. Que vais-je trouver après cette courbe ? N’est-ce pas une bête sauvage que j’ai entendu tout près ? A force de jouer, ou à cause de la nuit tombante, peut-être, j’ai eu tout à coup une boule à l’estomac. Est-ce mon instinct animal qui se réveille ? Ai-je entendu, senti, vu quelque chose ? Mais il commence à faire vraiment noir, et je ne vois presque plus rien. Ici je ne suis plus un être nocturne, comme il est si facile de l’être à Paris. Une fois la nuit tombée, le jardin appartient à d’autres créatures. Elles voient mieux que moi, ou bien leur odorat les guide… me voici devenue une pauvre handicapée pas du tout à sa place. Quelle impression bizarre ! Cherchez l’intrus dans ce jardin ? C’est moi !

Réfugiée près de la maison, je m’assieds quelques minutes pour tenter de chasser ce sentiment désagréable. Voici MA maison, et MON jardin. Je suis reine de mon royaume. Tout ce que je vois là m’appartient…. ces pensées sonnent un peu faux, mais je n’arrive pas à mettre le doigt sur le pourquoi. Je divague, plutôt !

Je lève les yeux au-dessus des frondaisons noires sur fond à peine plus pâle. Ce soir, les étoiles sont cachées, le ciel est couvert, et le vent s’est levé depuis cet après-midi. Dressant mon nez d’un côté et de l’autre dans la nuit noire, je hume l’air. Il est plus frais, cela ne m’étonnerait pas qu’il pleuve, quelque part là d’où il vient. Les grenouilles se taisent, l’étang n’existe plus.

Le temps change, et moi aussi. Je retourne à l’état sauvage !

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