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Hier et aujourd’hui, j’ai travaillé. A part arroser le potager, je n’ai rien fait que travailler : papiers, ordinateur… et au bout de la journée d’hier, je n’avais pas le goût du tout d’écrire. Enfermée dans mon bureau pour être sûre d’avoir l’efficacité maximale, je me suis privée de jardin, de dehors, de contemplation… Journées perdues ? Pas entièrement.

Car j’aime – jour de travail ou non – ce moment matinal, avant le petit déjeuner, quand je sors dans la fraîcheur, les yeux à peine déplissés et de la rosée jusqu’aux chevilles, pour m’atteler à la tâche d’arroser mes plantes. Maintenant que la chaleur s’est installée, certaines, celles que j’ai semées, que j’ai désherbées, paillées, cultivées, « mes » plantes donc, dépendent de moi pour leur survie. Un lien s’est créé entre elles et moi. Si je pense à elles et leur donne la quantité d’eau qui leur faut, elles seront belles et me donneront leurs récoltes. Si je les oublie, ou que je les néglige, ou que j’ai la flemme de me lever tôt, ou qu’un soupçon de sadisme me donne envie de ne pas les arroser, juste pour voir…. alors elles se dessècheront et disparaîtront, comme leurs infortunées voisines, celles que je ne peux plus alimenter en eau.

Si je suis un peu triste ce soir, c’est parce que j’ai l’impression de voir venir la fin des fraises des bois. Je suis presque en deuil ! Le beau tapis parfumé est impossible à arroser, il est trop grand, demande trop d’eau pour le faible débit de ma pompe. Alors les feuilles se racornissent, prennent une teinte mate, comme saupoudrées de poussière, et les fruits rouges deviennent plus sombres, comme des gouttes de sang qui sècheraient au soleil… Le parfum lui-même, ce sublime compagnon de mes premiers jours de vacances dont les effluves me rendaient euphorique, le parfum vire au trop mûr, se dirige vers l’écœurant.

C’est sans doute pour cela que je redouble de soins pour les plantes qui survivront, celles que je ferai survivre. M’en sont-elles reconnaissantes ? Moi, en tout cas, je le suis, pour leur présence et leur capacité, inconscientes qu’elles sont, à me faire du bien…

Mes haricots poussent !

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2 juillet

Grande, longue, intense journée !

Ce matin, me frayant un chemin jusqu’au potager, j’ai dégagé assez de surface pour semer radis, haricots mange-tout, carottes, tétragone, et des fleurs. En espérant que tout cela lève. Parmi mes premiers semis, échelonnés en mai et juin, beaucoup n’ont pas pris. Mes premiers radis ont poussé quasiment hors de terre, curieux ! Mes rangs de carottes sont irréguliers : trois carottes dans le même millimètres, puis plus rien pendant un demi-mètre, puis de nouveau quelques-unes… Heureusement que je ne compte pas là-dessus pour me nourrir ! (J’en rêverais pourtant, mais j’ai une bonne marge de progrès à faire avant d’envisager la chose).

Heureusement encore, mes semis ne sont les seules plantes qui se mangent dans ce potager. Sous les hautes herbes, j’ai découvert : des groseilliers, des cassis, un énorme pied de rhubarbe dans le coin le plus à l’ombre, des quantités d’herbes aromatiques – thym, menthe, romarin, sauge… – et un surprenant parterre de fraisiers et fraisiers des bois. Depuis quelques semaines, il me donne généreusement beaucoup de plaisir gustatif. Après avoir travaillé toute la matinée dans le potager, envahi du parfum des fraises des bois, je n’ai pas résisté et j’ai terminé ma séance de jardinage assise en tailleur au bord des fraisiers, picorant les fruits à la régalade. Parfois, la vie est belle. La semaine dernière, sur l’étal d’un marchand de fruits et légumes, j’ai vu quelques barquettes de fraises des bois. Minuscules barquettes, fraisettes bien avachies… Dix euros cinquante la barquette !!! Mais tout cela est bien loin de moi aujourd’hui. Je ris en mangeant mes fraises des bois FRAICHES et gratuites.

Après-midi : tonte. Conquête de mon territoire. Ce n’est pas la partie la plus amusante de mes activités de jardin, mais il faut bien que je me fasse un peu de place au milieu de cette immense savane qui entoure la maison. Depuis mon dernier séjour ici il y a quinze jours, l’herbe a énormément repoussé. Mon bruyant compagnon – c’est comme cela que je surnomme ma tondeuse auto-portée – m’a aidée à dégager une marge d’une dizaine de mètres tout autour de la maison. De là partent, comme des pattes d’araignées, des allées à travers l’herbe haute. L’effet de la prairie sauvage contrastant avec les allées fraîchement tondues est superbe. Mes ex-sentiers sont des invitations à l’aventure…

Sortie après le dîner, j’imagine des explorations exotiques, courbée au milieu des deux parois souples des graminées. Que vais-je trouver après cette courbe ? N’est-ce pas une bête sauvage que j’ai entendu tout près ? A force de jouer, ou à cause de la nuit tombante, peut-être, j’ai eu tout à coup une boule à l’estomac. Est-ce mon instinct animal qui se réveille ? Ai-je entendu, senti, vu quelque chose ? Mais il commence à faire vraiment noir, et je ne vois presque plus rien. Ici je ne suis plus un être nocturne, comme il est si facile de l’être à Paris. Une fois la nuit tombée, le jardin appartient à d’autres créatures. Elles voient mieux que moi, ou bien leur odorat les guide… me voici devenue une pauvre handicapée pas du tout à sa place. Quelle impression bizarre ! Cherchez l’intrus dans ce jardin ? C’est moi !

Réfugiée près de la maison, je m’assieds quelques minutes pour tenter de chasser ce sentiment désagréable. Voici MA maison, et MON jardin. Je suis reine de mon royaume. Tout ce que je vois là m’appartient…. ces pensées sonnent un peu faux, mais je n’arrive pas à mettre le doigt sur le pourquoi. Je divague, plutôt !

Je lève les yeux au-dessus des frondaisons noires sur fond à peine plus pâle. Ce soir, les étoiles sont cachées, le ciel est couvert, et le vent s’est levé depuis cet après-midi. Dressant mon nez d’un côté et de l’autre dans la nuit noire, je hume l’air. Il est plus frais, cela ne m’étonnerait pas qu’il pleuve, quelque part là d’où il vient. Les grenouilles se taisent, l’étang n’existe plus.

Le temps change, et moi aussi. Je retourne à l’état sauvage !

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