Cent sept pots de confitures de groseilles ! Quatre jours que je suis sur l’affaire, sans parler du tilleul et des quelques pots de confiture de cassis.

Quand je suis sortie jeudi dernier faire mes courses, j’ai estimé tout juste le bon nombre de kilos de sucre nécessaire… en fait, je pensais être large, mais j’étais plutôt ric-rac. J’ai même dû congeler un petit kilo de purée de groseilles pour ne pas être trop juste en sucre, que j’ai pesé au minimum. J’en ferai du sirop, ou du sorbet… je verrai bien.

Pour récolter le tilleul, je me suis préparée la veille au soir en repérant les branches que je voulais couper et en préparant mes outils. Sur la lisière de ma clairière, il y a quelques tilleuls bien exposés, et dès que les fleurs ont commencé à s’ouvrir, les ramures ont vrombit d’abeilles, de bourdons et de mouches des premières lueurs du jour jusqu’au crépuscule. Si je voulais avoir ma part sans risquer d’être piquée par tout ce beau monde, il me fallait arriver hors de leur tranche horaire : soit très tard, soit très tôt. Le tard était un choix qui pouvait paraître simple de prime abord, mais je me suis rendue compte qu’au moment où les derniers butineurs s’en allaient, je n’y voyais plus assez pour cueillir en sécurité (L’opération nécessite l’escabeau et une cisaille). Il restait donc : le matin tôt.

C’est ainsi qu’à six heures moins quelque chose, avant-hier, j’ai surgi de mon lit, me suis habillée machinalement en ayant encore en tête les derniers lambeaux de mon dernier rêve, suis sortie comme une somnambule, l’escabeau sur l’épaule, et me suis retrouvée perchée au milieu du tilleul, à un mètre cinquante du sol, avant même d’être tout à fait réveillée. J’ai encore de la chance que les branches descendent bas…

Quelques coups de cisaille choisis pour faire tomber sur un drap déployé les rameaux les plus fournis en fleurs, et le tour était joué. Je n’avais pas encore retouché terre – au propre et au figuré – que les premières abeilles étaient dans la place. Vite, j’ai replié les pans du drap sur ma récolte, et j’ai filé mettre son parfum hors de portée du « nez » de ces petites bêtes. Il ne restait plus qu’à éplucher tout cela, ce qui a rempli trois paniers et m’a pris une journée.

Quant aux groseilles… la cueillette elle-même m’a pris une demi-journée. Avec le temps pluvieux que nous avons eu cette année, les groseilles étaient énormes et lourdes sur leurs buissons. Pour aller plus vite, j’ai taillé les branches couvertes de fruit. Cela renforcera les jeunes rameaux sans fruits, qui fructifieront, eux, l’année prochaine. Et j’ai pu tout rapporter dans mon « repaire », à la maison, au frais, pour cueillir les grains tranquillement. Hier et aujourd’hui, j’ai fait les confitures. Résultat, comme je l’ai dit – mais je le répète, tellement la quantité m’ébahit – cent sept (107) pots. Heureusement que mon prédécesseur était bien fourni de ce côté-là !

On emploie les expressions « vert tilleul » ou « rose/rouge groseille »… sait-on réellement quelles couleurs elles désignent ? Moi, oui.

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